Livres

Laurent Gounelle – Je te promets la libérté

« – Et comment retirer ses lunettes ?
– On ne les retire pas d’un coup, mais on peut décider de faire en sorte que ses verres déformants s’amincissent de plus en plus : c’est ce que j’appelle le processus d’évolution personnelle. En évoluant en tant que personne, on passe progressivement d’une situation infernale où l’on agit à partir d’illusions qui nous font souffrir et biaisent notre regard et notre attitude à une situation paradisiaque où l’on est pleinement soi-même, libéré de ses illusions, avec un regard juste, sur nous-même et le monde, et où notre attitude et nos comportements sont le fruit de nos choix et non de réactions automatiques dictées par des visions erronées et des angoisses inconscientes. »

 Elif Shafak – Soufi, mon amour

« Aziz et Ella vivaient dans des fuseaux temporels différents. Littéralement et métaphoriquement. Pour elle, le temps, c’était essentiellement l’avenir. Elle passait une partie considérable de ses journées à prévoir obsessionnellement la minute prochaine. Même pour des affaires aussi peu importantes que les courses ou le remplacement d’une chaise brisée, elle organisait chaque détail à l’avance et se promenait avec dans son sac un emploi du temps précis et des listes méticuleuses de tâches à remplir. 
En revanche, pour Aziz, le temps était centré sur l’instant, et toute période autre que « maintenant » était une illusion. Pour la même raison, il croyait que l’amour n’avait rien à voir avec des « projets pour demain » ou des « souvenirs d’hier ». L’amour ne pouvait être qu’ici et maintenant.
En fin de compte, à trop penser au passé et encore plus à l’avenir, Ella n’a jamais vraiment pris conscience de l’instant présent. »

Frank Andriat – Le bonheur est une valise légère

« Elle se tut. Le terme qu’elle venait d’utiliser la choquait. Jamais elle n’aurait songé devoir un jour parler d’elle comme d’un être depressif. Malgré la présence de Lauranne, elle ne fut pas capable de retenir ses larmes.
– Moi qui ai toujours été si forte, gémit-t-elle. Que m’arrive-t-il? Je ne me reconnais plus.
– Ce n’est pas grave, ma chérie. La vie trouve des fissures pour se faufiler quand on ne lui offre pas le passage. Une dépression est comme une faille qui se crée en nous pour nous obliger à nous poser les bonnes questions. Tu retrouves la petite fille en toi, tu réapprends que l’on ne gère pas tout, qu’il faut se laisser faire par la vie, que tout vouloir maîtriser est inhumain. Tu redeviens humaine, Selma!
Insupportable optimisme de Lauranne! Comme si le burn-out pouvait être utile à quoi que ce soit! Selma appréciait le controle qu’elle avait sur ses pensées, sur son comportement, sur ses émotions et sur ses actes: toute sa force résidait dans la maîtrise qu’elle possédait d’elle-même. Ce qu’elle vivait pour l’instant lui paraissait la pire épreuve à traverser. – Je vois que tu ne me crois pas. Le fait que l’on craque nous contraint à nous remettre en question et ça, ma belle, c’est une bonne occasion de se libérer des questions que l’on se pose ! »

Laurent Gounelle – Le Jour où j’ai appris à vivre

« C’était dommage d’arrêter son travail au moment où celui-ci retrouvait un sens à ses yeux, mais, là encore, il voulait rester confiant. La vie est trop courte pour se lamenter sur nos déceptions, il en était conscient mieux que personne. L’existence est un mouvement perpétuel, tout change à chaque instant, et la résistance à ce changement ne peut mener qu’au malheur. C’est la confiance en la vie qui permet d’avancer, de rebondir, et finalement d’apprécier ce qui arrive. »

Christophe André – Sérénité, 25 histoires d’équilibre intérieur

Il y a des jours comme ça où ton âme est sereine : tu te sens doucement bien. Tout est clair et calme en toi. Rien, absolument rien ne te manque. Tout ce dont tu as besoin est là. Et ce qui te ravit, c’est que « tout ce dont tu as besoin » se limite à presque rien : te sentir respirer, te sentir exister. Sensation animale, si simple, d’être vivant. Sensation plus vaste encore d’appartenir au monde. À l égal d’un lac tranquille, d’une montagne immobile, d’une brise tiède. Tu n’as même pas besoin de te dire que la vie est belle ou bonne. Elle l’est,  à cet instant, et tu le ressens profondément, sans mots. Juste un état global de ton corps et de ton esprit. Ça ne t’arrive pas tous les jours, d’accord,  mais tu te dis que si tu pouvais ressentir cela souvent, ce serait drôlement intéressant…